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Mathieu Vervisch, amoureux des mots

Bonjour Matthieu, les mots ont une importance particulière pour vous. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai commencé par écrire des dialogues de théâtre, de l’humour, des sketches.

Contrairement à ce qu’on peut penser l’humour n’est pas du tout léger à écrire.  Ça se fait très sérieusement.  Certains comédiens, en lisant des textes, pensent qu’ils peuvent changer des mots par ci par là sans que ça ne change rien.  Mais si ! Cela change tout : la musicalité du mot et même son humour propre modifient le sens. Moi, je trouve que certains mots contiennent eux-mêmes une dose d’humour. Par exemple, je n’ai jamais pu prendre au sérieux des mots comme « poney ».

Bon, je ne dis pas que j’écris de la poésie, mais quand même, c’est assez littéraire. Ma femme me dit que ça se rassemble à du Proust : travaillé, des phrases longues, …  Pour mon roman qui se passe au 18ème siècle ce style correspond parfaitement.

Il y a des fois où j’ai réfléchi des heures sur le choix d’un mot plutôt qu’un autre, lequel est le plus saisissant, lequel évoque plus la chose.  Je me dis que chaque mot que je choisi, c’est comme si je le gravais dans l’ordinateur. 

Comment avez-vous commencé à écrire ?

Je suis comédien à la base.  Quand on est comédien on a du mal à trouver du travail, c’est un secret pour personne.  Au début, j’écrivais des pièces pour me donner du travail !  J’ai de la chance ce n’est pas donné à tout le monde d’écrire.  J’ai écrit d’abord quand j’étais en cours au conservatoire juste pour voir pour m’amuser avec d’autres élèves.  C’était un atelier en fin d’année, j’avais dix minutes pour écrire.  Mon professeur m’a dit que c’était vraiment bien et que je devrais continuer.  Donc j’en ai fait une pièce de théâtre qui a été jouée au théâtre 13 (à Glacière) en 2002.

Après j’ai commencé à écrire des sketches pour des amis et pour moi.

Pendant un temps, j’ai beaucoup joué au cinéma et j’ai un peu arrêté l’écriture.  Puis je m’y suis remis, je ne sais pas trop pourquoi. Mon frère a eu une proposition pour écrire un scénario de film et m’a demandé de co-écrire avec lui et de faire la partie dialogue.  J’ai vu que je pouvais aussi écrire une histoire.  En même temps j’ai écrit pour le théâtre mais c’était assez pénible car c’est toujours très long avec des réunions avec les producteurs, des délais pour le financement, etc… Je me suis dit que tout ça était vraiment trop long.  Je voulais avancer dans une écriture sans avoir à attendre.

Alors un matin je me suis levé, j’ai commencé à écrire une page d’une histoire comme çà… et finalement j’ai fini avec un récit.  Avec les encouragements de ma femme, j’ai écrit tout de suite après un « vrai » roman que je viens tout juste de terminer.  On verra si je deviens romancier pour de bon ou pas…

Vous écrivez en silence ou en musique ?

J’ai essayé d’écrire en silence mais je n’y arrive pas.  Je mets toujours la musique.

J’écoute du Lulli si je travaille sur le 17ème siècle, Mozart ou Haydn pour le 18ème. Et Tears for Fears pour le présent. Pour une scène dramatique, ou pour la disparition tragique d’un personnage, je me passe le Requiem de Mozart.

Je suis très influencé par la musique que j’écoute.  Ça me donne des images et même le rythme de certaines phrases.

Pourquoi vous aimez travailler au Connect Café ?

J’aime bien travailler chez Connect Café car ça m’oblige à travailler !  Sinon je travaille chez moi et je suis facilement distrait par la télévision, ma belle-fille qui rentre de l’école…

Ce n’est pas pour faire de la pub mais je trouve que le concept est bien.  Avant j’écrivais souvent dans les cafés mais il y a souvent trop de bruits et les serveurs n’apprécient pas que l’on reste trop longtemps.

Et puis la disposition du lieu est bien.  Devant, on peut regarder la rue et les gens qui passent, dans la salle de réunion, on a le calme et en bas, on peut s’isoler. Et puis il y a la machine à photocopier la moins chère de Paris !

Le concept de Connect Café est bien car tout le monde qui y vient est là pour travailler.  Il y a une bienveillance générale.  Je n’ai pas eu l’occasion de parler avec beaucoup de monde mais je sens bien que je pourrais avoir des discussions plus longues.

Et puis il est tenu par quelqu’un de très sympathique !

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